Jean-François Giroux

L'équipe du Dr Giroux s'intéresse particulièrement à la sélection de l'habitat par la faune durant les périodes de nidification et de migration et à la dynamique de leur population. Il se concentre principalement sur les populations jugées surabondantes qui demandent des actions de conservation différentes de celles préconisées pour les espèces menacées. Les espèces de sauvagine retiennent davantage son attention mais il encadre aussi des projets portant sur d’autres espèces telles que les goélands et les oiseaux forestiers.

Les bernaches résidentes: une population en augmentation

Les populations de bernaches du Canada résidentes augmentent rapidement dans le sud du Québec. Un suivi détaillé de la nidification des bernaches dans les Îles de Varennes près de Montréal permet à l'équipe de Jean-François Giroux de suivre cette évolution démographique. Il a récemment entrepris des études visant à comprendre la dynamique de cette population et les interactions avec les populations migratrices qui nichent dans le nord québécois et les populations résidentes du sud qui viennent muer à ces latitudes. Les principaux travaux portent sur la croissance des jeunes en fonction des habitats utilisés, sur la distribution des oiseaux après la période de reproduction et sur les méthodes de contrôle. Près de 12,000 bernaches ont été baguées jusqu’à ce jour et plus de 2,000 oiseaux portent des colliers permettant leur observation à distance.

L’eider à duvet: une ressource à protéger

Le professeur Giroux essaie de comprendre les variations annuelles de la population nicheuse des eiders à duvet de l’estuaire du St-Laurent. La chasse sportive et la maladie (peste aviaire) sont soupçonnées d’empêcher la population de croître malgré d’importants travaux de conservation et d’aménagement des sites de nidification. Un programme de baguage a été amorcé en 2003 et un suivi destiné à établir la prévalence de la bactérie responsable de la maladie est effectué à chaque année. L’étude vise à déterminer l’importance relative de ces deux causes de mortalité. Ce projet est réalisé en collaboration avec la Société Duvetnor, un organisme à but non lucratif voué à la conservation des îles du Bas Saint-Laurent. Jean-François Giroux est membre du conseil d’administration de la Société Duvetnor.

Écologie du scirpe

Le scirpe d'Amérique est une plante importante des marais intertidaux de l'estuaire du Saint-Laurent. Le Dr Giroux s'intéresse aux facteurs qui influencent sa croissance et à l'effet de son utilisation par les oies des neiges sur sa productivité. Les travaux réalisés en collaboration avec le Service canadien de la faune sont réalisés dans les marais de Cap Tourmente, Montmagny, Cap St-Ignace et l’Île-aux-Grues. Une autre étude réalisée en collaboration avec la Station biologique de la Tour du Valat portant sur le scirpe maritime vient d’être complétée en Camargue dans le sud de la France où les oies cendrées et le bétail broutent les parties souterraines et aériennes de cette plante.

Écologie et aménagement du Goéland à bec cerclé

L'équipe du professeur Giroux vient d’amorcer un projet sur le comportement des Goélands à bec cerclé en milieu urbain et périurbain dans une perspective de gestion intégrée. En collaboration avec l’industrie (sites d’enfouissement technique, firme d’expert conseil en environnement, compagnie spécialisée dans l’effarouchement), le groupe du Dr Giroux essaie de comprendre le comportement des goélands afin de trouver des solutions aux problèmes causés par ces oiseaux. Le suivi détaillé des goélands à l’aide d’une nouvelle technologie GPS permet de connaître comment les goélands exploitent les différentes ressources disponibles dans leur environnement. Visitez le site Web : http://goeland.uqam.ca/

Comportement des oies des neiges et du renard arctique

Le premier volet de cette étude porte sur la population de la grande oie des neiges dont les effectifs ont considérablement augmenté durant les trente dernières années. Le Dr Giroux essaie de comprendre comment la disponibilité de la nourriture et les dérangements influencent les patrons de migration des oies le long du St-Laurent tant au printemps qu'à l'automne. Il étudie aussi le comportement des chasseurs depuis l'instauration en 1999 d'une chasse de printemps visant à contrôler la taille de la population. Ces projets réalisés à l'Île Bylot dans le Nunavut sont menés en collaboration avec une équipe de chercheurs de l'Université Laval.

Implications et retombées de ces études

La connaissance des habitats utilisés par différentes espèces d'oiseaux migrateurs permet au Dr Giroux et à son équipe de formuler des recommandations pratiques quant à l'aménagement et à la gestion de ces oiseaux. Récemment, leurs résultats ont servi à élaborer le plan de gestion intégrée de la grande oie des neiges mis de l'avant par le Service canadien de la faune et le US Fish and Wildlife Service dans le cadre des travaux du Arctic Goose Habitat Working Group. Le Dr Giroux et ses collaborateurs essaient de développer des modèles dans un cadre d'aménagement adaptatif.