Éric Rassart

Étude moléculaire des rétrovirus murins de la leucémie

Cette recherche a pour but l'étude des mécanismes par lesquels certains rétrovirus causent le cancer chez la souris ou toute autre pathologie apparentée. Les rétrovirus murins de la leucémie sont des virus de type C ayant une molécule d'ARN comme matériel génétique. Ils constituent un modèle intéressant pour la compréhension des phénomènes de la transformation cellulaire et du cancer. Le Dr Rassart s'intéresse à différents aspects de ces virus: la manière dont ils déclenchent le cancer, les séquences virales en cause, l'existence et la reconnaissance de séquences cellulaires qui interviennent dans le processus de transformation, ainsi que la nature des tissus touchés par la maladie.

Toutes les techniques de pointe en biologie moléculaire et en génie génétique sont utilisées: clonage de gène, analyse moléculaire, séquençage d'ADN, construction de molécules recombinantes d'ADN, PCR, transfert de gènes dans les cellules de culture, etc. À la suite de l'analyse des séquences virales endogènes chez la souris et du clonage moléculaire de plusieurs rétrovirus, deux contributions scientifiques majeures ont été apportées: l'établissement d'une corrélation entre une fonction biologique et une séquence d'ADN précise, ainsi que la découverte de quatre gènes cellulaires ayant des propriétés oncogéniques. Le Dr Rassart et son équipe sont actuellement à la recherche d'autres gènes de ce type. Une fois qu’un tel gène est identifié chez la souris, il devient alors possible de rechercher son analogue chez l'humain et de le caractériser.

Étude moléculaire de l’apolipo­protéine D (apoD) chez l’humain et la souris

L'apo D est une gly­coprotéine de 28 Kda présente, chez l'humain, dans le sérum associée aux HDL, et dont la fonction est encore mal connue. De par son appartenance à la famille des lipocalines, elle est un transporteur de petites molécules hydrophobes dont le cholestérol, la bilirubine, la prégnénolone, la progestérone et l’acide arachidonique. Son rôle chez l’humain reste encore très mal compris mais pourrait être multiple. L’apoD est présente en grande quantité dans le système nerveux central (SNC) et les nerfs périphériques (SNP). Notre équipe a démontré une forte augmentation d’apoD dans le système nerveux central de patients atteints de diverses maladies neurodégénératives dont l’Alzheimer, la méningo-encéphalite, l’accident cardiovasculaire et la maladie des neurones moteurs. Cette forte augmentation a aussi été démontrée par d’autres équipes dans la maladie de Parkinson, la schizophrénie et la sclérose en plaque Nos études chez l’humain, le rat et la souris nous portent à penser que l’apoD est impliquée dans le phénomène de réparation neuronale puisqu’elle apparaît dès qu’il y a une lésion aux systèmes nerveux central et périphérique. Le dosage de la protéine fournira un outil de détection précoce, avant même l’apparition de signes cliniques plus évidents. Enfin, nos travaux récents avec des souris transgéniques qui surexpriment l’apoD dans le SNC démontrent un effet protecteur de la protéine contre plusieurs types de neurodégénérescence incluant des lésions aux nerfs périphériques. Ces derniers résultats suggèrent que l’apoD pourrait éventuellement servir comme outil thérapeutique.