Denis Réale

Le rôle écologique et évolutif des comportements et des traits d’histoire de vie

Au cours de leur vie, les animaux doivent trouver de la nourriture ou un abri, détecter les prédateurs et leur échapper, se reproduire et élever leurs jeunes. Les comportements et les traits d’histoire de vie jouent un rôle important dans leur quotidien. D’une manière plus générale, ces caractères permettent à une population de répondre aux changements rapides de son environnement, et déterminent l’habilité d’une espèce à s’installer et à persister dans un habitat donné, ou encore à coloniser de nouveaux habitats.

Les recherches en écologie évolutive ont montré deux mécanismes permettant à une population de réagir à des changements de l’environnement: 1) la plasticité phénotypique, ou encore les changements des caractéristiques d’un individu au cours de son développement, ou de sa vie, en réponse à des modifications du milieu; 2) la réponse évolutive, qui consiste en la modification des caractéristiques phénotypiques et génétiques d’une population sur des générations successives. Cette deuxième réponse n’est possible que si le caractère est génétiquement variable.

Je développe des recherches, alliant l’écologie de terrain, les expérimentations en laboratoire, et la génétique quantitative (modèle animal), pour comprendre le rôle des comportements et des traits d’histoire de vie sur l’écologie et l’évolution de populations naturelles, et pour déterminer les mécanismes écologiques et évolutifs qui facilitent ou qui contraignent les réponses plastique et évolutive. Je m’intéresse particulièrement à deux grandes catégories de comportements, les soins parentaux et les traits de tempérament, chez des mammifères.

Mes recherches en développement portent sur l’écologie évolutive du tamias strié (Tamias striatus), et sur les effets de la consanguinité sur les comportements et les traits d’histoire de vie (sur la souris sylvestrePeromyscus maniculatus). Je collabore à un programme sur l’écologie génétique et les effets fondateurs dans la population de mouflons (Ovis gmelini) de Kerguelen.